Emilie du Châtelet, physicienne, traductrice de Newton et femmes de lettres du siècle des Lumières

portrait de Emile du Châtelet par Marianne Loir

Gabrielle Emilie du Châtelet, née Le Tonnelier de Breteuil, est considerée comme la première savante ( reconnue pour son travail par ses contemporains ) française. Epistolière, traductrice, femme de lettres, noble, physicienne, philosophe, commentatrice, femme très « à la mode » à son époque, elle a contribué à beaucoup d’ouvrages, de traductions de traité. Quittant sa vie mondaine lors de sa rencontre avec Voltaire, Madame du Châtelet consacre le reste de sa vie aux sciences et aux lettres.

Description de cette image, également commentée ci-après
Emilie du Châtelet

La vie mondaine…

Madame du Chatelet; d'amour et d'étude... avec Voltaire. - Il ...

Gabrielle Emilie le Tonnelier de Breteuil naît aristocrate en 1706, à l’aube du siècle des Lumières, auquel elle contribuera grandement. Son père est un homme ouvert d’esprit, sa mère une femme intellectuelle, ainsi, à deux, ils lui attribuent une éducation rare pour les filles de son époque. Elle apprend les mêmes choses que ses frères, ainsi elle sait parler l’allemand, le grec, le latin , s’intéresse aux Sciences, à la Philosophie, à l’opéra, joue du clavecin, danse et joue de la comédie.

A dix-neuf ans, elle quitte le domicile famillial pour se marier au marquis du Châtelet, séduit par son esprit, et qui n’impose pas de règles au sein du couple. Ainsi, elle peut avoir des amants, participer à des salons et à la vie mondaine des nobles, elle lui donnera trois enfants. Emilie assiste beaucoup son mari dans sa tâche d’accueillir les ambassadeurs à la Cour de Versailles. Elle ne le voit pas souvent car il est militaire, en plus d’être gouverneur de la région où Emilie et lui résident. Par la suite, elle est nommée pour organiser les fêtes, les soirées mondaines à Versailles et à Sceaux, pour la duchesse du Maine.

Emilie devient assez « à la mode » et populaire à la Cour et collectionne les amants, la marquise aime les diamants, le maquillage, les bals et les froufrous, joue aux jeux d’argent et en abuse un peu trop, aux yeux de ses contemporains

La rencontre avec Voltaire

10 septembre 1749 : mort de la mathématicienne et physicienne ...

La marquise rencontre le philosophe en 1733. Venant de quitter l’Angleterre, il lui fait lire du Newton : c’est l’illumination pour Emilie. Elle quitte sa vie mondaine du jour au lendemain et décide d’apprendre la physique aurpès de Maupeirtuis et de Clairaut, tous deux membres de l’Académie des Sciences. Ce dernier écrira d’ailleurs « Eléments de géométrie » pour elle.

Ils vivent au début de leur relation comme un amant et sa maîtresse et puis décide de se considérer plutôt comme deux collègues, deux amis même si il continue à l’appeler « ma femme ».

Voltaire est exilé à cause d’un ouvrage qu’il a publié et qui est à l’encontre des principes de Louis XV, elle le rejoint dans sa demeure en Haute-Marne.

En 1737, elle concourt en même temps que celui-ci pour le prix de l’Académie des Sciences sur la Nature des feux, mémoire dérivé des ouvrages de Newton. Les femmes n’ayant pas accès à l’Académie en tant qu’académicienne, elle doit se déguiser en homme lors des réunions formelles au Café Gradot mais peut concourir, les manuscrits étant anonymes.

Son mémoire n’est pas gagnant du concours, mais il est imprimé par l’Académie, le premier écrit par une femme à l’être. Elle sera moquée par les dames de la Cour, telles la baronne de Staal-de-Launay ou encore Madame du Deffand, qui la jalousait mais passe outre des mauvaises langues et poursuit son travail;

Emilie du Châtelet, physicienne la plus connue d’Europe et traductrice de l’ouvrage de Newton

Institutions de physique

La marquise écrit ses Institutions de Physique en 1740, ouvrage dédié à son fils, dont le premeir chapitre éclaircit bon nombres des intellectuels de l’époque sur les théories de Leibniz. Celui-ci s’attribue même l’écriture de l’ouvrage à sa sortie.

Après une controverse entre elle Dourtous de Mairan, la première controverse scientifique sérieuse entre un homme et une femme,elle est admise en 1746 à l’université de Bologne, ce qui la classe parmis les dix savants les plus connus d’Europe, dont elle est la seule femme.

Newton et Lebniz controversent sur plusieurs sujets, et deux camps se forment : celui de Newton et celui de son adversaire. pour mieux comprendre le conflit, et pour mieux la faire comprendre à ses collègues français, elle décide de traduire l’ouvrage de Newton en français. La traduction remporte un franc succès dans le monde des savants français et de nombreux scientifique la remercie et la salue, dont Alembert, fils de Madame Tencin.

La fin de sa vie

La traduction et les commentaires des Principia de Newton par ...

Voltaire et la marquise sont tous deux attirés par Lunéville, Cour dirigée par le beau-père de Louis XV, ancien roi de Pologne. Ils y emménagent en 1748. Madame de Châtelet s’éprend pour un homme : Jean-François de Saint-Lambert. Leur amour est réciproque et Voltaire ne semble pas être contrarié par cette histoire. Seulement, la marquise va découvrir quelques mois plus tard qu’elle est enceinte de lui, et cela depuis plusieurs mois, car elle est sur le point d’accoucher. Voltaire et Saint-Lambert l’assistent dans la nuit du 3 au 4 septembre, celle de son accouchement douleureux. La jeune femme souffre beaucoup et ils tentent tous les deux de l’aider comme ils peuvent. Malheureusement, six jours plus tard, la mère et sa fille décèdent. C’est le drame pour Voltaire et Saint-Lambert. Ils découvrent que la jeune marquise avait préssenti que la fin arrivait car elle avait posé le point final de son manuscrit sur la traduction de Newton avec précipitation avant de l’envoyer à la Bibliothèque du Roi quelques jours avant sa mort. Voltaire se charge de trouver un moyen d’éditer cet ouvrage, ce qu’il réussit quelques mois plus tard.

site de l'exposition Emilie du Chatelet, universite Paris 12

Sources

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