La citoyenne : journal féministe et sa rédactrice Hubertine Auclert, suffragette du XIXème siècle

« La citoyenne » est un journal féministe et socialiste publié de 1881 à 1891.

Hubertine Auclert

Si nous ( les femmes ) comptons pas, pourquoi nous compte-t’on ?

Hubertine Auclert, discours à l’occasion de la grève d’impôts de 1880
Agence Rol - 1910 - Madame Hubertine Auclert.jpg
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Journaliste, écrivaine, suffragette et militante pour les droits de la femme, naît en 1848. Elle a grandi dans une famille aisée, cinquième enfant d’une fratrie de sept, elle vit avec un riche père républicain et une mère qui aide des filles-mères à trouver du travail. Son père décède et elle est contrainte d’aller vivre dans un couvent très jeune. A Montmarault, dans sa pension religieuse, elle devient très croyante et aspire à des carrières religieuses. Elle présente sa candidature aux Filles de la Charité de Saint-Vincent mais est refusée. Hubertine quitte donc sa pension religieuse en 1864 pour rejoindre son oncle. Sa mère meurt malheureusement en 1866, son frère l’envoie à nouveau dans un couvent à Montluçon où l’attitude des religieuses la fait devenir anticléricale et lui fait détester l’ensemble des religions, qu’elle méprisera souvent par la suite.

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Son indépendance financière est due à l’héritage de ses parents et c’est grâce à cet argent qu’on la retrouve quelques mois après sa sortie du couvent à Paris, où elle s’oppose à l’avènement de la Troisième République car elle veut modifier le Code Napoléon qui fait de la femme une femme mineure et soumise à son mari à vie. Hubertine adhère au à plusieurs associations luttant pour les droits de la femme, notamment à celle que Victor Hugo préside, en effet, l’écrivain prône l’égalité des femmes et des hommes dans tous les domaines. Lors des cérémonies de mariage, Hubertine a l’habitude de se glisser dans l’assistance au moment où le maire lit son discours habituel stimulant que la femme est soumise à son mari jusqu’à la mort, elle se met alors à crier et provoquer un chahut dans la foule. Ce qui la différencie réellement des autres suffragettes de son époque c’est qu’en plus de soutenir l’égalité des droits civils, elle soutient également l’égalité des droits politiques, en se présentant en 1910, aux listes électorales de la Ville de Paris, et en défiant les interdictions. Elle obtient 590 voix dans un bureau de 14 000 votants, le gouvernement lui refuse le droit d’être élue, mais il en faut bien plus pour décourager une telle femme : Hubertine lance une série de grève d’impôts, sa devise étant « Si nous comptons pas, pourquoi nous compte-t’on ? ». En 1901, elle crée un timbre où on peut voir une femme et un homme voter. Hubertine fait brûler des exemplaires du Code Napoléon à plusieurs reprises. Elle se bat également pour la féminisation des mots et pour le droit de vote des femmes, et casse symboliquement des urnes en 1910 pour manifester sa colère. Hubertine ouvre un journal avec Marguerite Durand, une autre journaliste de son époque en 1897 mais le journal qui va aujourd’hui nous intéresser est celui qu’elle crée en 1881, « La Citoyenne ».

 « Jeanne d’Arc fut la personnification du féminisme, elle ne tint compte ni des usages, ni de l’autorité des puissants, et elle usa, malgré les hommes, des droits des hommes pour sauver le pays »

Hubertine Auclert

La citoyenne

« La citoyenne » est un journaliste féministe et socialiste publié de 1881 à 1891. Hubertine Auclert est pendant longtemps sa directrice mais en 1888, venant d’épouser Antonin Lévrier, elle part en Algérie pour soutenir les femmes de là-bas et enquêter sur le terrain sur la condition de la femme en Arabie, elle est contrainte de laisser de côté le journal mais confie le poste de directrice à Maria Martin, elle restera tout de même la fondatrice du journal.

En 1881, le journal affiche que la directrice politique du journal est Hubertine Auclert, et que la directrice littéraire est une certaine Blanche D. Mon

Le tarif du journal, change beaucoup au fil des années mais s’élève pour les premiers n° du journal à 2 francs pour Paris et les départements de France et à 3 francs pour l’étranger.

Les devises du journal ont été pendant longtemps

« est citoyenne la femme qui jouit de l’intégralité de ses droits »

avant de devenir

« est citoyenne la femme qui jouit de l’intégralité de ses droits et qui est irréprochable dans l’accomplissement de ses devoirs  »

« La femme est une force vive de la France trop longtemps négligée »

« Avant dix ans, les femmes seront électeurs comme les hommes »

Alexandre Dumas fils, 1880

Son journal est devenu hebdomadaire en novembre 1881, avant de devenir bimensuel en 1882 ( le 1er et le 15 de chaque mois ) et mensuel en 1884 ( le 1er de chaque mois ).

En 1882, le journal affiche une image sur presque tous ces numéros, et le journal est bientôt renommé « La citoyenne, Journal pour la revendication du suffrage des femmes », en 1883.

Les n° vont de 4 à 8-9 pages, cela dépend des années mais également des événements que vivent les gens au fil des mois, qui laissent plusou moins d’articles à écrire.

« La citoyenne » est en vente dans toutes les gares de chemins de fers, mais aussi chez certains commerçants.

Le siège du journal se trouve pendant longtemps 12, rue du Call ( dans le faubourg Saint-Denis ), à l’endroit où habite Hubertine et change, lors du changement de directrice, en 1887, pour 107, rue Mont-Cents, sans doute l’habitat de Maria Martin.

Malgré le fait que Hubertine ne soit plus la directrice du journal depuis 1887, elle continue de publier des articles de temps en temps, et les envoie au siège du journal 107 rue Mont-Cents jusqu’en 1891, année de fermeture du journal, pour cause de problèmes financiers.

Sources :

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