Le salon de Madame Tencin

« être admis chez Mme de Tencin, c’était recevoir son brevet d’élégance intellectuelle »

Paul Reboux

Madame de Tencin

Alexandrine Guérin de Tencin ( 1682-1749 ), appartient à la noblesse de robe. Son père l’oblige à prendre le voile, et après quatorze ans de couvent, elle vient à Paris pour s’installer chez sa soeur en 1711. Pour rattraper le « temps perdu » au couvent, elle se créer une réputation d’intrigante, de d’affairiste et d’aventurière. Maîtresse du régent Philippe d’Orléans et plus tard de plusieurs autres ministres, elle côtoie des cercles de pouvoirs. Madame de Tencin abandonne son fils illégitime devant l’église Jean-Le-Rond, le petit garçon deviendra d’Alembert, qui deviendra un homme d’esprit, et sera un fidèle du salon de Madame Geoffrin. Après de nombreuses histoires, elle est enfermée à la Bastille en même temps que Voltaire, qu’elle détestait pourtant.

Les débuts du salon

Elle sera condamnée plusieurs fois pour ses histoires de coeur, ou d’argent à l’exil ou à le pension durant quelques semaine voire mois, mais rien de plus. Madame de Tencin décide de renoncer aux intrigues mais non aux histoires de coeur, car elle ouvre un salon en 1711, rue Saint-Honoré, axé politique à ses débuts, accueillant des politiciens, des financiers et des spéculateurs de la banque de Saw, parfois appelé une « ménagerie » accueillant des « bêtes ». Elle se charge de trouver des maîtresses pour Louis XV, elle prépare d’ailleurs l’ascension de la future Madame de Pompadour en tant que maîtresse de Louis XV. Son salon se transforme en 1733, pour devenir un centre d’intérêt littéraire et philosophique qui reçoit de grands artistes dont la future salonnière Madame Geoffrin, qui se forge chez elle.

Le salon littéraire

Madame de Tencin, très amie avec Montesquieu, l’aide à éditer son premier ouvrage et achète d’ailleurs presque de la totalité du tirage pour le distribuer autour d’elle et créer des contacts au jeune auteur. Elle se sert aussi de ses relations pour lui éviter la censure. Pendant longtemps, elle n’accueillait que sept gens d’esprit dans ses appartements, rue Saint-Honoré près du cul-de-sac de l’Oratoire ( maintenant rue de l’Oratoire ), qu’on appelait « les sept sages », qu’elle accueillait tous les mardis, avant d’agrandir ce cercle jusqu’à ce qu’il devienne un des salons les plus côtés de la capitale.

Dans son salon, on critiquait la politique, la nonchalance du Roi, alors Louis XV, on prévoyait déjà la chute de la monarchie, des décennies avant qu’elle ne s’effondre pour de bon. On organisait des élections, des mariages, des lectures. Elle recevait des invités prestigieux comme Fontenelle, Mariveaux, la Pompadour, Boucher, et Madame Geoffrin. Sa personnalité mais aussi sa bienveillance et la simplicité avec laquelle elle accueillait ses invité sont les raisons de son si grand succès.

Elle s’éteint à l’âge de 66 ans, en 1749 et Alembert dira même :  Où dînerai-je chaque mardi ? » et répondit : « Eh bien ! je dînerai chaque mardi chez Mme Geoffrin. »

Sources :

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