La voix des femmes, journal de 1848 et Eugénie Niboyet

« La voix des femmes » est un journal quotidien publié du 20 mars 1848 au 20 juin de la même année, c’est le premier quotidien français féministe de l’Histoire.

La voix des femmes, premier n° le

Eugenie Niboyet

Eugénie Niboyet est la fondatrice du journal, militante pour les droits de la femme, femme de lettres, journaliste et figure féministe, elle va participer au mouvement féministe de la Révolution de 1848. Elle commence à écrire lorsqu’elle arrive à Paris en 1829, pour gagner sa vie. Elle écrit des pièces de théâtres, concourt. Elle commence à suivre le mouvement saint-simonien en 1830 et rencontre des femmes intellectuelles partageant ses opinions aux réunions du mouvement. Eugénie Niboyet débute dans le journalisme en 1833, lorsqu’elle retourne à Lyon, en fondant son premier journal, qui est d’ailleurs le premier journal féministe publié en province : « Le conseiller des femmes », qui ne survit pas longtemps sous la censure et par le manque de moyen. Elle participe tout de même à de nombreuses rédactions collectives de numéros de journaux féministes et continue à écrire des articles pour des périodiques par ci et par là. En 1836, de retour à Paris, elle fonde « La Gazette des femmes », ce qui lui permit de créer une sorte de club où abonnés et rédacteurs se retrouvaient tous les jeudi 27 rue Laffitte. Ce club lui créer donc un petit public pour la suite qui va s’agrandir grâce au bouche à oreille. Eugénie va habiter à ce moment-là de sa vie « 34 Grand’rue verte » ( comme le dit Emile Mermet dans son annuaire de la presse et dans les formulaire d’inscription du journal). La révolution de 1848 va libérer Eugénie Niboyet de cette censure, ce qui va lui permettre de publier « La voix des femmes », le journal dont elle a toujours rêvé, mais qui à cause de la censure, n’a jamais pu naître comme elle le voulait auparavant…

La voix des femmes, journal de 1848

La voix des femmes est un journal quotidien ( trois fois par semaine ) féministe allant jusqu’au n°45, le 20 juin 1848 à cause d’une humiliation infligée par George Sand.

Le dernier n° du journal

La devise du journal est : « Journal socialiste et politique, organe d’intérêt de toutes les femmes ».

Grâce au club crée grâce aux précédents périodiques de Eugénie Niboyet, le journal trouve rapidement un public. Parmi les femmes les plus connues adhérents à ce journal on peut compter Désirée Gay, Jeanne Derouin ( la première femme à s’être présentée aux élections municipales de Paris ) et Jenny d’Héricourt.

Le tarif est de 20 francs par an, de 10 francs pour six mois, 6 francs pour trois mois, pour un mois, à Paris, de 2 francs et si on achète un n° de rue, 10 centimes.

Les adhérents s’abonnent soit en envoyant une lettre rue Laffitte, au siège du journal, ou dans des commerces à Marseille, à Londres, à Paris et à Lyon.

Le siège du journal va changer d’emplacement, il est au début 27 rue Laffitte et change pour rue Neuve.

Les rubriques les plus fréquentes sont :

A propos de…

Il s’agit d’une rubrique qui parle de divers sujets où Eugénie Niboyet ou d’autres rédactrices.teurs donnent leurs avis sur le sujet, débattent au fil des n°.

Faits divers

Cette rubrique parle des faits divers concernant les femmes, des petits scandales, des nouveaux droits accordés aux femmes.

Nouvelles étrangères

On parle ici des nouvelles venant d’Europe, des rumeurs circulant, des travaux entrepris dans les différents pays, etc.

Des publicités !
Des débats divers

Et une vraie journaliste cite toujours ses sources !

Le journal fermera le 20 juin 1848, car Eugénie Niboyet, dépitée, aura fait face à une humiliation provoquée par George Sand. Dans un article, elle aurait proposé, elle et ses amies, que George Sand se présente aux élections de l’Assemblée Générale, celle-ci aurait refusé net, jugeant les femmes durement et disant ne pas les connaître. Ainsi, le journal fit face à une vague de haine et d’humiliation. Il était pourtant uns des rares périodiques féministe réunissant femmes et hommes sur les mêmes idées.

Sources

Pour aller plus loin

4 commentaires sur “La voix des femmes, journal de 1848 et Eugénie Niboyet

  1. Intéressant mais je suis contrarié par la mise en cause de George Sand… Je la laisse malgré tout sur son piédestal ou elle trône parmi mes auteures préférées ! Merci pour ces belles chroniques. Alain

    Aimé par 1 personne

  2. Je trouve également que George Sand est une femme extraordinaire et une très bonne auteure et qu’elle le restera à jamais 🙂 mais on ne peut pas nier qu’elle a participé à la fermeture du journal, malgré le fait qu’elle ne soit pas la seule à y avoir participé, car il est vrai que Eugénie Niboyet et ses chroniqueuses manquaient également d’argent pour continuer à publier leur journal… Peut-être qu’on l’a accusée d’être la seule et unique cause de la fermeture de « La voix des femmes » pour cacher le manque d’argent d’Eugénie Niboyet… Je crois qu’on ne pourra jamais le savoir ! Merci pour ton commentaire, ça fait toujours plaisir !

    J'aime

  3. Merci à toi pour ton adorable commentaire ! Je trouve également qu’elle a eu une triste fin de carrière, et qu’elle aurait pu être reconnue à sa juste valeur à son époque !

    Aimé par 1 personne

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