Le journal des dames et ses rédactrices : Madame de Beaumer, Madame de Maisonneuve et Madame de Montanclos

Le journal des dames est un journal féministe et engagé publié de 1759 à 1778.

Madame de Beaumer

Un n° de Madame de Beaumer

Mme de Beaumer, est l’une des premières éditrices du Journal des dames, un mensuel de environ 100 pages qui est né 1759 et disparu 1778. Malgré les critiques de la censure, elle édite le périodique pendant deux ans, il comporte de nombreux articles sur l’art frondeur et anti-conformiste. Mme de Beaumer s’habillait comme un homme pour négocier dans le milieu de l’édition et tenir tête à ses censeurs. Elle est très engagée pour la cause des femmes, l’injustice sociale et l’intolérance religieuse. L’éditrice expose ses visions dans ce périodique publié à La Haye, en 1759. La femme de lettre logeait chez le comte de Jaucourt, rue Meslée et elle vit seule. Elle y dresse une correspondance imaginaire, avec des lettres amusantes et curieuses. Grâce à son mécène, le prince de Bourbon-Conti, elle réussit à entrer à la Cour de France et à s’y faire de bonnes relations. Malheureusement, Mme de Beaumer doit renoncer à son poste à cause de la censure Royale, à cause de son refus de transformer le périodique en journal de mode, mais aussi à cause de dettes du journal qui s’élevaient jusqu’à 9000£. Elle aurait publié 52 n° du journal. Elle nomme Madame de Maisonneuve pour prendre sa suite.

Madame de Maisonneuve

Un n° de Madame de Maisonneuve

Madame de Maisonneuve écrivait d’un ton plus modéré, ce qui plaisait plus aux censeurs et accordait tout le monde, malgré le fait qu’elle défendait les mêmes causes que la précédente éditrice, Madame de Beaumer. Madame de Maisonneuve dirigea le Journal des dames jusqu’en 1773, avant de laisser place à Madame de Montenclos, baronne de Princen. Elle loge rue Saint-Honoré les années où elle exerce son métier de journaliste.

Madame de Montanclos

Journal des dames dédié à la dauphine

Marie-Emilie de Montanclos, baronne de Princen, a repris le poste de Madame de Maisonneuve de janvier 1774 à avril 1775. C’est une femme de lettre créative, écrit des pièces jouées à la Comédie Française. Son premier mariage avec le baron de Princen lui permit de fréquenter la Cour. Elle remit en place cet esprit très féministe, que Madame de Maisonneuve avait un peu effacé pour plaire. Elle prône l’égalité des hommes et des femmes, notamment dans l’éducation et les professions. Elle s’est séparé de son second mari, Montanclos, afin de pouvoir exercer ses fonctions librement. La dauphine Marie-Antoinette la protégea quand elle fit faillite alros elle renomma le journal en « Journal des dames dédié à la dauphine, par Madame de Montanclos ». Elle y adopta un ton ironique et un peu enjoué pour défendre le futur couple royal.

Le journal des dames

Le journal des dames est un journal mensuel publié de 1759 à 1778. Les livraisons du journal étant mensuelle, il y a souvent beaucoup de retard notamment dans la distribution en province, donc des livraisons, comme celles de 1793, rattrapent souvent les retards de livraisons en livrant les n° datant deux à trois mois auparavant.

Le nombre de pages change en fonction des années de publication. En 1759, le périodique compte en moyenne 96 pages, en 1763, environ 120, le record de nombre de pages est en mars 1777, selon des sources de l’époque, où le journal a compté plus de 160 pages.

La devise a été pendant longtemps : « Si l’uniformité est la mère de l’ennui, la variété doit être la mère du plaisir », puis « Impartialité ».

Le lieu où le journal était basé change en fonction des années.

  • En 1759 : le n° indique que la ville où le journal est basé est Paris avant d’afficher La Haye à la fin de 1759;
  • En 1762, aux Vallons de Tivoli;
  • En 1768, à la Haye et Paris.

Le prix du journal, lui, n’évolue pas, afin de rester dans la fourchette des prix journalistiques de l’époque et garder les abonnés du journal. 12£ pour Paris, 15£ pour les provinces.

image tirée du journal des dames et des modes, le périodique concurrent du journal des dames

Leurs fidèles habitaient souvent en Province, car la Cour de France, à Paris, considérait le journal comme vulgaire, et les premiers journaux qui seront lus par la haute noblesse, sortiront vers 1800. Un autre journal au nom presque identique « Journal des dames et des modes », sort en 1797 et parle surtout de la mode à travers des gravures ( pour en savoir plus, allez sur le site Gallica où vous pouvez lire les n°de ce périodique ), ce journal-ci aura un grand succès.

Les villes les plus distribuées étaient Dieppe et Beauvais. Le nombre d’abonnement était entre 300 et 1100 abonnés, même si il est compliqué d’estimer le nombre d’abonnés exact à certaines périodes.

Sources

Dites moi si d’autres articles sur les journaux de l’époque pourraient vous plaire ;-).

4 commentaires sur “Le journal des dames et ses rédactrices : Madame de Beaumer, Madame de Maisonneuve et Madame de Montanclos

  1. J’aime beaucoup cette devise « Si l’uniformité est la mère de l’ennui, la variété doit être la mère du plaisir » ! Une devise qui s’applique à tous les domaines encore aujourd’hui ! Merci pour cet article bien documenté comme toujours.

    Aimé par 1 personne

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