Germaine de Staël, salonnière du XVIIIème siècle et ennemie de Napoléon

« J’ai quatre ennemis, la Prusse, la Russie, l’Angleterre et Madame de Staël ». 

Napoléon
Germaine de Staël

Germaine de Staël est une grande femme de lettres, salonnière, femme d’esprit, et femme politique de l’époque pré-romantique.

Comment Germaine s’est-elle imposée dans les salons ?

Fille de Jacques Necker, ministre des Finances sous Louis XVI et de Suzanne Curchod, protestante et Salonnière qui a donné son nom à l’Hôpital des enfants malades, à Paris. Elle a grandi sous le feu des projecteurs, ses parents devenant assez connus dans l’aristocratie parisienne et européenne, car les gens viennent de partout pour leur rendre visite. Elle côtoie donc dès son plus jeune âge tout ce que le siècle peut compter de gens de lettres, de savants, de peintres, d’artistes. C’est ainsi qu’elle s’impose rapidement dans les salons littéraires parisiens les plus prestigieux de la capitale.

Un mari acheté ?

Ses parents cherchant un mari pour elle, protestant, car ils ne veulent pas de gendre catholique vont étendre leurs recherches hors de la France, car l’aristocratie compte peu de protestants. Ils vont trouver un bon parti pour leur fille : Erik Magnus de Staël-Holstein, un diplomate scandinave. Ils vont littéralement acheter ce mari, qui ne voudra pas d’elle, au début, car elle est réputée  » pour ne pas être d’une beauté fracassante « .

Ce mariage change beaucoup ses idées : elle qui voulait un mariage heureux et qui voulait suivre l’exemple de ses parents qui se sont toujours entendu à merveille va se rendre compte qu’elle ne peut plus faire demi-tour et que cet homme ne l’aime pas. Germaine va également se rendre compte que les mariages ne sont pas si amoureux qu’elle ne le croit et que les femmes sont considérées uniquement comme étant bonne enfanter. Elle va se battre pour ces inégalités changent.

Ils se marient en 1786, elle aura 4 enfants avec lui avant de rompre les noces en 1800.

A l’aube de la Révolution, quelles sont ses convictions ?

Elle reçoit dans son salon, à l’Hôtel de Salme, des grands hommes comme La Fayette, Noailles et Condorcet, l’époux de Sophie de Grouchy, qu’elle aime profondément.

A l’aube de la révolution, Germaine est pour les révolutionnaires et encourage le mouvement, se considérant presque comme une révolutionnaire. Mais lorsque la Terreur va s’instaurer, en 1793, elle quitte la France pour la Suisse. Elle écrit beaucoup d’essais lors de la Révolution. C’est une période où elle va devenir assez connue par ses contemporains.Napoléon, ennemi juré

Napoléon, ennemi juré

Lorsqu’elle revient à Paris, Napoléon a pris le contrôle de la France. Il lui accorde une entrevue, pour connaître cette femme qui, connue de tout le monde, des têtes couronnées d’Europe, a attiré l’attention de celui-ci. Lors de cette entrevue, Germaine va lui demander, pour connaître sa vision des femmes une seule question : « Pour vous, quelle est la première femme ? », question auquelle Napoléon va répondre par : « Celle qui fera le plus d’enfants », réplique cinglante qui va le faire détester de Madame de Staël.

L’exil ou comment Madame de Staël va réussir à quitter sa ville natale…

Germaine de Staël

En 1803, Madame de Staël est condamné par Napoléon à l’exil, elle est obligée de se maintenir à plus de 200km de Paris, qui est sa ville natale et chérie. L’empereur a frappé fort, mais Germaine de Staël n’attend pas pour répliquer : elle publie plusieurs ouvrages qui seront censurés et publiés pour un public si restreint qu’on ne peut pas dire que ces écrits aient vraiment été publiés.

Le mariage et l’enfant clandestins

En 1808, elle se marie secrètement à Albert de Rocca, avec qui elle a un enfant tout aussi secret en 1812, à l’âge de 46 ans de Louis Alphonse de Rocca, enregistré comme « fils de Théodore, de Boston et de sa femme Henriette ». L’année de la naissance de son fils clandestin, Germaine va se rendre en Russie pour rendre visite à des têtes couronnées, à des gens d’esprit mais également, et en grande partie, pour narguer Napoléon.

Le retour à Paris

4 ans plus tard, l’empereur va lui autoriser de revenir à Paris, pour collaborer avec elle, collaboration que la femme refusera. Elle peut aors officialiser son mariage et par la même occasion son fils qu’elle récupère.

Elle meurt 1 an après avoir retrouvé son fils, elle fait une attaque de hydropisie en février 1817, dont elle ne se remettra pas. Germaine de Staël va rester 6 mois alitée à accueillir les personnes qui viendront de toute l’Europe à son chevet avant qu’elle ne s’éteigne. Elle décède en juillet 1817.

Madame de Staël est l’une des rares femmes à avoir intégré la collection « La Pléiade » de Gallimard, car seules Jane Austen, Thérèse d’Avila, les soeurs Brontë, Colette, Marguerite Duras, Madame de Lafayette, George Sand, Nathalie Sarraute, Madame de Sévigné, Virginia Woolf et Marguerite Yourcenar.

7 commentaires sur “Germaine de Staël, salonnière du XVIIIème siècle et ennemie de Napoléon

  1. Merci pour ce bel article qui rend un bel hommage à Germaine de Staël ! Bravo pour ton blog tellement intéressant qui rétablit dans les honneurs ces femmes remarquables. Belles illustrations également. Bonne journée

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s